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Marie Desaulles – Plonges tu trouveras.

Notes de descente en rappel en mes profondeurs.

Huit-cent-soixante-dixième matin.

 

Je ferme les yeux, je fais le vide en moi, j’ouvre les yeux.

Mon ordinateur portable qui me suis partout depuis deux ans est posé sur un vieux bureau en bois ayant appartenu à mes ancêtres, quelques vieux livres d’alchimie, mon Codex de l’O.M.D.,  papiers et stylo plume pour mes nuits d’insomnies, devant moi une fenêtre qui donne sur le gave et la montagne de mon enfance. Derrière moi une table et des chaises sur lesquelles nous partageons le repas du soir en famille, un escalier en bois qui monte à l’étage, comme une dernière étape avant l’aire de repos. Je perçois le bruit du Gave et le pas de mes enfants qui jouent à l’étage. Une odeur de café pénètre mes narines, j’ai envie de fumer…..

En quelques secondes je viens de créer mon environnement, des objets, des bruits, des odeurs, je viens de définir les contours d’ une histoire, mon histoire.

Un observateur et des observés, des contours, des formes qui passent à travers le filtre de ma mémoire et se structurent en objets, des objets que je définis par des lettres, des lettres que j’assemble pour former des mots, des mots reliés à ma vie, et chaque objet devient un symbole, le symbole de mon passé, de mon vécu, de mes joies et de mes peines. Je vis dans un monde fractal où Tout est dans Tout, à chaque instant, à n’importe quel endroit, peu importe si la forme ou la couleur change, chaque chose me ramène à mes symboles, à mes définitions, à mon vécu émotionnel. L’observateur s’observe toujours lui-même à travers le filtre de son passé.

En une fraction de seconde je crée de l’espace et du temps, un sujet indépendant, des objets séparés, la machine infernale du mentale peut commencer à ranger dans ses cases, faire ses associations, s’autoalimenter dans sa recherche perpétuelle, me trouver des problèmes pour essayer de les résoudre, attiser mes points faibles, souffrir de mon passé, projeter du futur, créer un monde de perceptions subjectives, un monde d’illusions, un monde d’idées, un monde de croyances, le monde du croire sans douter, mais je commence à douter de mes croyances, je commence à douter de mon mental…

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